On s’est posé avec les gars de l’asso New’s Cool pour évoquer le collectif, les objectifs pour eux, leur implication dans le caritatif avec le Secours Populaire mais aussi leur avis concernant ce qui se fait en matière de techno dans la capitale.

 

AKW : Vas-y si tu veux présenter le concept de New’s Cool

Basile : On est une asso 1901, crée il y a 2 ans à la base c’est parti d’un coup de tête entre 5 potes. Les 5 fondateurs : Quentin, Louis, Clément, Thomas & moi. On voulait organiser une soirée, on a fait un événement pour le nouvel an 2016 au Pullmann Montparnasse dans une salle de conférence, ça a plutôt très bien marché et plus qu’on l’espérait.

On a ensuite décidé de déposer le collectif officiellement sous le sigle d’une asso et après on s’est lancé doucement.

Du coup on a 2 parties dans l’asso : la partie avec les soirées techno en club / warehouse ou des formats after. Et la 2eme partie c’est la partie caritative. On est depuis 1an et demi en partenariat avec le Secours Populaire de Paris et du coup on a commencé à intervenir en tant que bénévole sur leur événements. A savoir la chasse aux œufs au parc André Citroën ou les actions pour les oubliés des vacances à la gare de Lyon en été.

Donc là on intervenait juste en tant que bénévole pour les aider. Et là depuis cette année on participe aux réunions avec eux pour y réfléchir et y prendre part en tant que New’s Cool.

 

AKW : D’où l’événement organisé dans leur cour ?

B : Ouais, depuis septembre ils nous font plus confiance donc maintenant on peut co-organiser les événements, y mettre notre pâte.

C’était un événement dans leurs locaux avec du son, une friperie, un petit bar, de la food, vente de bouquin et petit ateliers DIY. Ces fonds-là leurs vont directement, tout leur est reversé.

Sur la partie techno, les fonds récoltés grâce à ces soirées, y a une partie qui sert à faire grandir l’asso pour les projets plus ambitieux et l’autre pour notre objectif à terme qui est d’organiser avec le Secours Pop un weekend pour les enfants qui n’ont pas la chance de quitter Paris lors de leurs vacances.

Ça fait 1 an et demi qu’on a ce projet et ça commence à se concrétiser parce qu’on est en train de voir avec le Secours Populaire pour organiser ce weekend pour ces jeunes.

 

AKW : Ce serait où ?

B : Pour l’instant c’est juste l’embryon du projet, on voit les modalités pour organiser mais déjà on a le feu vert pour l’organiser avec eux. Là on a le droit de bosser avec eux, fallait qu’on fasse nos preuves dans des actions de proximités donc ce n’est pas évident.

 

AKW : Sur des soirées en warehouse comment vous fixez vos prix en fonction de vos divers objectifs ?

B : Sur une place de 15 balles on a pas 3€ pour ci, 3€ pour ça, on fait dans l’ensemble avec ce qu’on a.

Quentin : L’année dernière on a pas pu organiser les vacances pour les gosses parce qu’on n’avait pas pu réunir assez de fond via l’organisation de ces soirées.

Ça dépend vraiment des fonds qu’on aura récolté au cours de l’année. L’objectif c’est un voyage par an, et toutes les caractéristiques du séjour dépend du montant qu’on aura en tréso. En fonction de ça on prend un pourcentage pour le déroulement du séjour.

 

AKW : Si on parle plus de la partie Techno / Warehouse, est-ce que vous pourriez nous parler de Tryptique ?

B : C’est un peu l’aboutissement de ce qu’on voulait faire avec NC depuis 2 ans, du coup on s’est penché dessus en septembre. On a cherché un collectif avec qui s’associer pour pouvoir assumer financièrement avec nous. On a trouvé l’équipe Parfé avec qui on a très bien travaillé. On a trouvé ce lieu, qui collait parfaitement avec notre thème rave des années 90 avec un retour à la source de la techno, on l’a fait en total indépendance, sans passer par une boîte de prod. On s’est donné de A à Z pour avoir un événement qui nous ressemble et je pense que c’est ce qui a plu aux gens

Q : Ce qui nous différencie des autres, c’est qu’on a voulu tout faire nous de A à Z et les risques financier c’est nous qui l’avons pris. On n’a pas fait appel aux tunes de nos parents ou aux thunes des potes qui ont quelques milliers sur leur compte ou même des boites de prod. Et sachant que c’est toi qui investit tes propres tunes dans ta soirée tu vas t’investir doublement pour que ça fonctionne. Tryptique a vraiment reflété notre esprit familial, convivial, et ça parce que c’est nous qui l’avons créé de A à Z

 

AKW : Vous avez trouvé comment le warehouse ?

B : Longue histoire aha. Pour faire simple on avait un premier gars qui été censé nous trouver un lieu, finalement il s’est avéré que ce n’était pas forcément le gars le plus carré au monde. Donc on s’est retrouvé avec un projet lancé et un gars qui nous a lâché. On a trouvé un autre gars qui nous a soutenu, qui nous a accompagné et présenté plusieurs lieux qu’on a visité et de là on a trouvé le lieu le plus adéquat pour notre soirée.

La démarche de trouver un lieu on la connaissait pas du tout et c’est ce qui a été le plus compliqué dans l’organisation de la soirée en elle-même.

 

AKW : C’est un warehouse abandonné ou c’est à quelqu’un ?

B : C’est un hangar qui est à un propriétaire c’est juste qu’il n’y a pas d’exploitation industrielle. C’est un hangar qu’on loue avec un contrat avec le proprio. Chacun y trouve son compte. Il fait vivre son activité et toi tu peux faire ta soirée dans un cadre.

Q : Y a une grosse différence entre les warehouse que tu trouves grâce à quelqu’un, où tu connais le propriétaire, donc il y a un contrat entre les 2 parties, c’est légal. Et il y a les hangars que toi tu trouves personnellement en cherchant en IDF, en banlieue, là où il n’y a personne donc tu veux faire une teuf dedans, ça c’est illégal. Nous on est plutôt à signer un contrat

 

AKW : Paris Lyon en Juin dernier c’était le même modèle ?

B : Ouais c’était le même, pas la même personne ni le même  type de lieu mais même démarche.

 

AKW : A partir du moment où vous faites un warehouse de qualité c’est quoi les prochaines étapes pour vous ?

Q : On n’a pas envie de devenir Contrast, NC ça a toujours été la famille et c’est vraiment l’esprit qu’on a envie de donner à nos soirées. Ya très peu de chance qu’un jour on réserve le Paris Event Center pour faire une énorme teuf dedans.

On n’organise pas des soirées pour faire de l’argent car il ne nous revient absolument pas.

Je pense que l’objectif ça va être de varier entre des warehouse, où ça va être un plaisir de travailler des putains de line up et notre créativité avec des artistes plastiques, et des teufs en club où là ce sera comme une récompense où là il y aura moins de travail en amont et sur place. Ce sera pour récompenser l’asso.

On va varier sur ces 2 types là.

 

AKW : Contents du Pygallion quand même ?

B : Ouais, comme tu sais à cause des crues le Batofar nous a annulé.

On a souhaité maintenir et décaler là-bas. Les retours au Pygallion qu’on a eu était good.

La majorité était contente qu’on se soit démené, ça a dégagé une bonne image de chercher un autre lieu en urgence.

Les gens ont fait le déplacement, 1 seule personne a demandé à être remboursée tu vois.

 

AKW : Pas mal de noms ont défilés sur vos line up, vous avez des artistes en tête que vous souhaitez liné plus tard ?

B : Rien de prévu, après personnellement y a Humson qu’on avait chiné pour Triptyque mais c’était trop tard. Bien sûr ce serait un grand rêve, I Hate Models, sinon y aurait aussi

Gasmask avec Epidémie, le b2b à la Contrast au PEC, Ling Ling aussi et un qu’on ne va pas lâcher Neurotribe, un petit gars de teuf, on s’y prendra plus à l’avance.

L’idée c’est de proposer au moins 1 ou 2 noms inédits sur paris sur chaque line up c’est le cas avec Tim Tama à Tryptique. Après Falhaber était passé à paris, Ayarcana ça faisait longtemps puis c’est toujours un nom qui ramène du monde.

Essayez de vraiment travailler les line up

 

AKW : Format plaisir ou plus grand au niveau des soirées?

B : Bonne grosse warehouse qui va casser des cul…

Q : Tout en gardant cet esprit familial et convivial

B : L’idée c’est pas de partir dans un 2000 – 3000 personnes, ce n’est pas l’objectif. Les gens ont bien aimé le cadre familial, où t’as la place pour danser. La dernière Quarantaine avait un lieu à peine plus grand que le nôtre et ils ont fait un event avec le double de personnes que nous. Pour y être resté un peu c’était une boite à sardine le truc et ce n’est vraiment pas agréable.

 

AKW : Au niveau de la vision du grand public sur la scène techno, vous en pensez quoi ?

Q : Moi je trouve que c’est très dommage que les autorités aient du mal à comprendre que la jeunesse parisienne se bouge le cul pour organiser des événements assez intéressants. Je peux comprendre aussi qu’ils aient peur, c’est des jeunes de 18 ans qui vont dans des teufs et qui ne savent absolument pas se maitriser, et je comprends cette peur. Mais je trouve ça dommage que Paris ait encore du mal à développer cette partie, à être beaucoup plus ouvert en termes d’esprit et ait du mal à laisser faire. On sent que ça vient de là-haut, quand on rencontre les flics, qui ont qu’une seule c’est d’arriver avec les CRS comme à acoustique, ça fait chier quoi.

B : C’est quelque chose avec quoi il faut composer, voilà pourquoi ça demande d’autant plus de sérieux dans l’organisation. Tous les débats autours de ça je les trouve ridicule, tout ce qu’il y a sur fb. Notamment sur Acoustique, tous ces gens qui se mettent en donneurs de leçons : oui faut faire ci, ça, faut des autorisation… Les gens ne se représentent pas le taff et l’investissement que c’est. Mais aussi la manière d’organiser une soirée pour que ça se passe bien. La techno est un peu en train d’exploser à Paris y a beaucoup de gens qui s’improvisent sans connaitre cet univers. Y en a qui suivent cet effet de mode, qui pensent connaitre alors que pas du tout.

Q : Y a un gros décalage entre les gros consommateurs, leurs attentes qui augmentent et les contraintes auxquelles doivent faire face les organisateurs pour que tout se passe de manière correcte et légale, donc du coup on fait avec…

 

NEW’S COOL – OCULUS – 21.04.2018