La techno a toujours eu un côté sombre, hors norme, et parfois dangereux. Une ambiance sans nulle autre pareille. Cet aspect étrangement attirant a su, depuis la fin des années 80, attirer un large public à travers le monde, regroupé autour d’une idée : vivre des expériences hors du commun, échappant aux normes de notre société. Que ce soit au milieu d’un champs, dans un entrepôt désaffecté ou dans un club prestigieux, les scènes et les styles sont variés pour passer le meilleur moment possible. Quel que soit l’endroit choisi, l’un des effets recherchés par la techno est de transporter son auditoire dans une transe fiévreuse, rythmée par les battements de la musique jouée par le DJ. On ajoute à ça une ambiance obscure, un jeu de lumière psychédélique et un soundsystem de plusieurs kilos, et vous avez tous les éléments pour vivre une très bonne expérience. Enfin tous les éléments ou presque.

 

Selon les choix de chacun, ce genre d’évènement sera accompagné de substances psychoactives, légales ou non. Décuplant l’euphorie ressentie par leurs utilisateurs, les drogues ont toujours fait partie du paysage techno. Quelles soient douces ou dures, l’usage de ce genre de substances s’est propagé, voire parfois presque banalisé dans ce milieu.  Alcool, cannabis, extasie et autres, que de mélanges possibles menant à des excès de plus en plus fréquents. L’aspect le plus dangereux de ces pratiques reste la consommation à outrance de produits stupéfiants ou l’utilisation de produits dérivés, qui peuvent parfois mener à des drames. C’est dans ce contexte qu’est arrivé le GBL (ou autrement appelé gamma-butyrolactone), cousin proche du GHB (ou gammahydroxybutyrate). Utilisé pour ses propriétés désinhibantes et anesthésiantes, ce solvant industriel qui sert principalement à décaper les jantes de voitures, se propage dans les soirées technos depuis le début des années 2000.

 

Le GBL est un liquide incolore très acide, que l’on dilue dans une autre boisson, généralement du soda ou de l’eau afin d’en atténuer le goût. Surtout prisée pour ses effets relaxant et euphorisant, cette drogue de synthèse se transforme en GHB une fois ingérée par le corps humain. Il faut 10 à 20 minutes pour ressentir les premiers effets, qui dureront en moyenne entre 2 et 4 heures. Les deux problèmes majeurs que pose le GBL résident dans le dosage effectué, et dans sa composition dû aux reventes illégales de ce produit. La puissance des effets ressentis variera selon le consommateur, et un accident est vite arrivé. Vertiges, nausées, difficultés à respirer, perte de connaissance, coma, et arrêt des fonctions respiratoires peuvent s’enchaîner très vite, symptômes d’une overdose.

 

L’administration de cette substance ne pose pas obligatoirement de problème lorsqu’elle est volontaire et prise sans alcool. Le danger intervient lorsqu’une personne étrangère décide, à votre insu, d’en verser un peu dans votre verre. Un simple défaut d’attention et hop, c’est versé, et là, tout est fini. Le cocktail GBL + Alcool est sûrement le pire de tous. Le pire parce que vous n’êtes même pas au courant que vous en prenez,  et la soirée passant l’alcool peut couler à flot.  Ce qui peut vous faire regretter amèrement de pas avoir été plus attentif.

 

Le but de cet article n’est pas de faire une morale sur l’utilisation de ce produit, mais plutôt de prévenir nos lecteurs sur les dangers qu’ils encourent. Vos choix ne regardent que vous, mais n’oubliez pas les risques que vous encourez. Une dizaine de cas d’overdose au GBL ont été enregistrés depuis le début d’année sur la région parisienne, et les chiffres ne feront qu’augmenter si le public est mal informé. La solidarité en soirée reste un élément essentiel pour passer un bon moment, veillez sur vos amis/proches. Si vous vous posez des questions, nous vous conseillons vivement d’aller faire un tour sur le site technoplus.org, qui fait de la prévention sur ce sujet, et sur beaucoup d’autres points importants.