Depuis 2015, les clubbeurs et teufeurs ont vu émerger un nouveau mouvement baptisé « Vodoo » et qualifié de « pisto » par ses détracteurs. Véritable danse à part entière, suite de gestes et de pas définie par le rythme du support musical sur lequel on l’exécute (la techno pour les pistos, surnom donné aux vodoos, référence à la façon dont ils dansent comme s’ils dégainaient des pistolets) plus ou moins codifiée, et qui se pratique en couple ou en groupe : La valse, le tango, le rock sont des danses, auxquelles on peut désormais ajouter le Vodoo.

Si l’on met de côté le style vestimentaire pisto basic inspiré des 90’s (casquette, lunette de soleil, sneackers, chewing-gum, k-way aux couleurs acidulées, jean), force est de reconnaître que le Vodoo est une danse novatrice dans son rapport à l’espace et aux ondes, qui fédère la génération millenial. « Pour la petite histoire, ces pas existaient déjà dans les années 1990. On n’a rien inventé. On s’est butés avec des vidéos d’époque. A la base, c’est un mouvement qui prône la liberté, l’égalité, la réunion autour de la musique. » (-Lucas in Street Press) La danse techno amène à constituer des groupes, et provoque des connexions. La première génération « vodoo » qui trainait en 2015-2016 dans les clubs « mainstream » comme la Concrete, le Rex, le Showcase, s’est peu à peu déplacée vers les vastes warehouses industrielles tels que BNK, Triptyque, Organic, Fée Croquer, entrainant avec eux la nouvelle génération. Enfin, depuis bientôt deux ans s’est développé un dernier groupe à part entière, les « Queers » qui, trainent en groupes souvent fermés et explorent de nouveaux styles hors normes et une nouvelle façon de faire la fête plus libérée (artistiquement, sexuellement, etc…) dans des soirées quasi -privées tant les habitués se connaissent tous : La Toilette, Bender, etc…

 

Malgré tous les côtés toxiques ou néfastes de la société de la techno, on ne peut nier la libération que provoque le fait de bouger son corps, d’effectuer des gestes en symbiose avec la pulsation sonore : synchroniser ses mouvements avec le fameux Bpm. C’est-à-dire réagir à chaque onde sonore propulsée dans l’espace par un geste. Cette danse, est bel et bien une danse en soi puisqu’il s’agit de rentrer dans un état où tout les mouvements deviennent automatiques ; c’est comme décrocher les câbles dans le cerveau. La vague sonore frappe le tympan qui lâche une pulsion électrique jusqu’au cerveau, qui lui-même enclenche les muscles de manière automatique et, détermine inconsciemment la chorégraphie. D’où le nom de Vodoo, par référence au vaudouisme, forme africaine de chamanisme, car l’état dans lequel sont plongés les danseurs se compare aisément à la transe qui prend le chaman lors d’un rituel. Les danseurs en groupe forment une sorte de microcosme au sein duquel chacune des cellules interagissent mutuellement les unes avec les autres pour constituer un organisme qui génère ses propres mouvements. Des mouvements coordonnés aux ondes de l’espace (les bpm), une danse qui parle à l’âme.