[Itw] Gauthier, techno qui parle

Avant qu’il ne revienne au Gibus le 17 juillet, nous sommes partis à la rencontre de Gauthier, artiste techno qu’on avait aperçu au Marvellous Island Festival. Retour sur les coulisses de sa techno indus et lunaire.

Salut Gauthier, avant toute chose, pourrais-tu te présenter rapidement ?

Bah moi c’est Gauthier, je mix et je produis de la techno. À la base je viens plutôt de l’image, j’ai réalisé des clips, des court métrages… C’est d’ailleurs pour ça que j’aime bien associer mes tracks à des contenus vidéos.

Comment as-tu découvert la techno ?

Ça a commencé sur des parkings de festival, on squattait le camping avec des potes et au final on bougeait pas au festival. Il y avait des camtars qui balançaient de la grosse hardtek toute la nuit. On restait là, on dansait. C’est bien après que j’ai retrouvé la techno en club et en festival. Et puis à un moment j’ai eu un dossier-reportage à faire sur la techno pour un projet cinéma, je suis parti à la rencontre des danseurs, des organisateurs, des artistes. Et là, j’ai vraiment appris l’histoire de la techno, les débuts à Detroit, tout le mouvement à Berlin… Et puis j’ai eu la chance de rencontrer des artistes comme Jeff Mills, Manu le Malin… Là je suis vraiment tombé dedans, et depuis ça me suit.

Avec quoi produis-tu tes sons ?

J’avais un pote qui faisait de l’électro, il avait un OP-1. On a commencé à triper dessus, il m’a expliqué le fonctionnement des machines et puis j’ai démarré avec un sampleur/séquenceur. J’avais une démo d’Ableton mais je ne m’étais jamais vraiment penché sur le logiciel. Du coup je continue à composer sur du hardware, j’adore le côté fun de la composition sur machine, mais pour ce qui est du mix, ça se passe sur Ableton.

Quelles sont tes inspirations musicales ?

Je dirais qu’il y en a beaucoup, mais il y a vraiment eu un avant et un après le live audiovisuel de Mr Oizo. Je me suis pris une telle claque, c’était vraiment ouf. À partir de là je me suis dit que je voulais faire du son. Après je dirais que le cinéma m’influence autant que la musique, par exemple pour moi un mix c’est vraiment raconter une histoire, il y a une introduction, des surprises, des moments d’attentes, des rebondissements et puis un dénouement. Je pense vraiment un mix comme un scénario de film.

Est-ce que tu cherches à faire passer quelque chose dans ta musique ? 

Il y a une phrase d’un artiste techno qui m’a marqué, je crois que c’étais un truc du genre, “ la techno est sans parole car elle n’a rien à dire ”. Cette phrase m’a vraiment suivie, je ne savais pas quoi en faire. Pour ma part, je pense que la techno a beaucoup de choses à dire. Elle se positionne encore comme une musique underground et je pense qu’elle a son rôle à jouer dans une société de plus en plus basé sur le contrôle et la répression. Quand j’ai commencé mon premier EP – Rave on the moon, c’était un moment où il y avait beaucoup d’annulations de soirées. Je m’étais tout simplement dit, ils veulent pas qu’on fasse la fête ici ? Très bien bah si il faut on ira sur la lune ! À partir de là j’ai pas arrêté de mettre des paroles. Perso, la techno, j’ai envie de lui donner la parole.

Quels sont tes projets musicaux pour cette année ?

Cet été je sors Rave on the Remixes, c’est un EP où j’ai invité quatre artistes à me faire un remix pour proposer leur vision de ma musique. J’ai déjà eu la chance d’écouter certains tracks et c’est vraiment cool, ils se sont vraiment appropriés les morceaux, c’est ce que je voulais. Sinon mon deuxième EP, Live in Ravolution sortira cet automne, accompagné un clip que je coréalise avec Jacin Toman, un réalisateur lyonnais. Et puis je prépare un live qui j’espère sera opérationnel pour la fin d’année.

Propos recueillis par Simon Lobgeois.
Photo par DisyBeltran.

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