Search

Mieux vaut prévenir que guérir

Pour beaucoup de consommateurs néophytes, tant que son meuj défonce le crâne, connaitre les risques liés à sa composition ou à sa consommation régulière passe au second plan. Cet état d’esprit à tendance autodestructrice les mène parfois vers des situations dramatiques qui devraient être évitées. Mais par qui ?

« La vie s’arrête lorsque la peur de l’inconnu est plus forte que l’élan »

Qu’elle soit achetée en avance, à l’entrée ou à l’intérieur d’une soirée, on ne peut jamais être à 100% sûr de la qualité d’une drogue et il est bien souvent impossible de savoir avec quoi son produit a été coupé. Mieux connaître les produits que l’on consomme pourrait être un moyen de limiter les décès causés par des excès toujours plus nombreux. Mais l’usage de drogue reste un sujet tabou en France, pays dont le système législatif est particulièrement répressif envers l’usage de produits psychotropes et qui ne facilite pas la tâche des associations et des organes de prévention en quête d’écoute et d’influence.

Des tests de pureté pour des substances comme la cocaïne sont certes légaux et peuvent être achetés sur Internet, mais ils ont un coût et ne donnent pas forcément de résultats fiables. D’autres solutions existent, comme par exemple l’association Charonne ou les Médecins du Monde, qui proposent d’analyser les produits que l’on peut leur rapporter en laboratoire, mais la démarche est bien souvent perçue comme trop complexe et chronophage. Il y a bien des spots publicitaires et des sites web, financés par le gouvernement, pour essayer de sensibiliser les plus jeunes aux dangers de la drogue, mais ce genre d’initiatives publiques souffre d’une image « déconnectée de la réalité » auprès d’une population méfiante des discours de nos autorités.

Prévention vs bullshit Internet

A l’heure où le mouvement techno se démocratise auprès d’un public de plus en plus jeune et que la consommation de drogue s’intensifie, il est d’abord essentiel que chacun apprenne à son prochain comment bien sécuriser ses prises. Mais qui d’autre pour s’en charger de manière plus ample et officielle, sans pour autant stigmatiser ou désinformer ?
 

l’image de l’historique association de prévention Techno+, certains collectifs plantent leurs stands de prévention dans des soirées techno pour échanger avec des teufeurs et les informer des risques éventuels liés aux drogues. Mais ces actions bénévoles de prévention se heurtent aux mauvais réflexes et à la banalisation véhiculés par différents mécanismes sociaux. La pression sociale d’un groupe de potes auquel on veut appartenir et la désinformation qui y circule, les avis amateurs des grands experts des forums Internet ou la banalisation des drogues sur les réseaux sociaux sont autant de raisons pour lesquelles les actes et messages de prévention perdent en influence.

Pourtant, la prévention est essentielle. Elle apprend à mieux gérer ses prises, à mieux connaître son corps et ses limites, et donc à mieux apprécier ses soirées. Alors, défaites-vous du regard de vos potes, de leur consommation ou de vos propres habitudes, et prenez le temps de vous informer sur les pralines que vous ingurgitez. Vous n’en ressortez que gagnants.

Auteur : Antoine Martin
Header photo : Alexander Popov on Unsplash

Close
Shadow Odissey © Copyright 2019. All rights reserved.
Close