[Itw] DXGME, résident Shadow

Nouveau DJ résident chez Shadow Odissey, DXGME nous fait le plaisir de nous accompagner pour la réouverture de notre webzine. Compositeur et producteur, il répond à nos questions.

Bonjour Steeven, tu joues sous le nom de DJ – DXGME, peux-tu nous donner la signification de ton pseudo ?

Bonjour Shadow ! DXGME se prononce « dogme » mais le symbole du X signifie l’anti-dogme. C’est donc un paradoxe : dogme / anti-dogme. Mais le fait de ne pas avoir de dogme n’est-il pas un dogme ? (Rires) En fait, j’aime surtout le principe d’avoir de belles valeurs mais je n’aime pas les normes. C’est se pousser à devenir meilleur en ayant la liberté de choisir comment, sans avoir le dogme de notre société au-dessus des épaules.

Tu es résident chez Shadow Odissey depuis peu et nous avons eu la chance de te voir jouer lors de la dernière édition. Peux- tu expliquer à nos lecteurs les raisons pour lesquelles tu as décidé de poser tes valises chez nous ?

Avec ma femme on est un peu Bonnie and Clyde. On a participé à la création et à l’organisation de soirées pour un collectif assez connu avec des amis. Ils ont décidé de prendre une direction qui ne nous convenait plus et ne représentait plus les valeurs que l’on porte. Du coup, Mehdi nous a proposé de le rejoindre et on a dit oui ! L’univers de la Shadow colle bien au mien, c’est cool de pouvoir jouer en harmonie avec un collectif !

Tu produis et tu mixes aussi, je sais également que tu as fais des études d’ingé son. D’où te viens cette passion pour la musique ?

Oui effectivement, j’ai étudié à l’EMC pour y faire mes études d’ingé son. J’ai grandi dans une famille de musiciens. Mon père jouait du saxo et de la guitare, ma mère chantait et mes frères faisaient pour l’un du piano et l’autre de la clarinette. Quant à moi, je jouais du violon. Depuis mon plus jeune âge, j’écoute du jazz, du classique, du rock et de la world music. Mes parents avaient des vinyles de styles différents, mes frères qui sont plus âgés écoutaient du rock et de la musique électronique. Petit à petit, je me suis orienté vers le rap et l’électro lorsque j’ai été en capacité d’écouter de la musique par mes propres moyens.

Pourquoi as-tu décidé de te plonger dans la musique électronique ?

J’ai toujours aimé composer, peu importe le style. J’ai commencé par le hip-hop, puis je me suis tourné vers le reggae, le rock, les musiques de film, les jingles pub… Après une pause musicale pour raisons personnelles, j’ai décidé de reprendre le mix et la production il y a deux ans en me tournant vers la techno. L’underground me manquait, c’est dans ce milieu que j’ai fait mes premières sorties, en rave et en free. Puis musicalement, j’aime l’énergie qui se dégage tant dans la composition des tracks, dans les mix que je peux faire ou écouter et aussi sur le dancefloor.

De quelle manière-t’y prends-tu pour construire une track ?

Pour composer, c’est en fonction de mon mood. Je peux commencer par des kicks ou snare, par une ligne de basse ou une mélodie. Je n’aime pas trop me mettre de règles car ça freine ma créativité.

Quels artistes t’inspirent pour créer ?

Un bruit, un son, une note de guitare, n’importe quoi peut faire surgir dans ma tête des tonnes d’idées. Ce ne sont pas les artistes qui m’inspirent mais plutôt ma vie quotidienne.

Qu’est-ce qui est le plus gratifiant dans la pratique de la musique ?

Ce qui est le plus gratifiant pour moi c’est lorsque j’arrive à composer ce que j’ai dans la tête. J’aime faire découvrir mon univers en produisant ou en mixant.

Que ressens-tu lorsque tu es derrière les platines ?

Venant de la production et de la compo, le mix/live est pour moi un vrai plaisir. Je me mets dans ma bulle et je commence à raconter une histoire au public. Mes tracks et mes instruments me servent à raconter celle-ci. Je me plonge dans l’écriture et je laisse mon inspiration faire le reste. Je rajoute des séquences de sample, des patterns de batterie avec ma TR8 ou des bass-line avec ma TB3. J’utilise tout ce qui me permet de donner à mon histoire le lien qui marquera à chaque chapitre.

Selon toi, quel avenir le mouvement underground, notamment les raves et les warehouses a-t-il en France ?

L’avenir de la techno dépendra des collectifs et de leur vision des soirées. A la base, lorsqu’un crew est à mal on l’aide. Maintenant je vois des personnes sortir d’écoles de commerce notamment utiliser les mauvais codes car leur seul objectif est la rentabilité. Malheureusement ils en oublient le public. Par exemple, des annonces de soirées qui vendent du rêve ou des collectifs qui en dénigrent d’autres pour se faire valoir ternissent l’image du milieu. C’est pas comme ça que ça fonctionne à la base. Les collectifs devraient s’entraider. Prenons l’exemple des crews de teufeurs qui se soutiennent les uns les autres. Ils avancent ensemble et cela leur permet d’avoir une vraie symbiose. Je pense réellement qu’unifier les collectifs et le public warehouse avec des valeurs simples pourrait permettre au monde de la techno (rave, free, warehouse …) d’être apprécié auprès des personnes réfractaires et des pouvoirs publics par exemple. Cela permettrai à un bon nombre de collectifs d’évoluer en toute légalité, les soirées ne seraient plus annulées et le public s’en portera bien mieux.

Et ton avenir tu le vois comment ? As-tu des projets pour les années à venir ?

Je suis en train de produire un EP, qui devrait voir le jour prochainement et j’espère commencer à tourner hors Paris et m’exporter à l’étranger.

Propos recueillis par Alizée Boen.

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