[Itw] Timid Boy, « la vie n’est pas un long club tranquille »

DJ, Producteur, organisateur de soirées et boss du label « Time has changed », Timid Boy est un artiste français aux multiples facettes. Ellen Allien lui avait confié les soirées BPitch Control et depuis 2016 il a sa soirée au Nouveau Casino : Timid Boy invite… Quelques jours après la sortie de son nouvel EP « Nida », il nous parle de sa carrière, son actualité, et de la scène électronique française.

Damien Almira, alias Timid Boy, musicien et DJ français, photographié à Paris le 10 octobre 2018 par Mathieu Zazzo

Romain : Salut Timid Boy ! Avant d’échanger sur la sortie de ta dernière production, ton actu et surtout ce qui t’a amené à être l’artiste polyvalent que tu es aujourd’hui, je te propose un portrait chinois un peu spécial pour en apprendre plus sur toi.

Timid Boy : Ok, ça marche.

Romain : Si tu étais un instrument de musique…

Timid Boy : Le piano…c’est le premier instrument qui me vient à l’esprit. Mes parents m’ont mis au piano assez jeune, j’avais 4 ou 5 ans à l’époque alors que je n’avais absolument pas envie de jouer. Bon maintenant il s’étonne que je fasse carrière dans la musique (rires) , je suis passé par le conservatoire, j’ai fait [de la musique] classique et j’ai terminé par le jazz. J’ai arrêté vers 16 ans, à ce moment-là je voulais jouer de la guitare.

[Romain : Ah ! tu voulais draguer…]

Timid Boy : Non (rires), le piano me faisait ch*** parce que je jouais dans des groupes plutôt pop-rock, du coup, en tant que pianiste j’avais juste trois notes et je m’ennuyais. La guitare j’en jouais certes beaucoup moins bien mais je trouvais ça tellement plus sexy, et les artistes qui me faisaient rêver c’était des guitaristes. Mais malgré tout pour en revenir à ta question, je dirais quand même le piano car c’est mon instrument de prédilection. Encore aujourd’hui, je commence une nouvelle production sur mon clavier.

Romain : Bien, et si tu étais un club…

Timid Boy : Ah ouais…c’est dur (rires), je l’ai souvent dit mais c’est vrai, ça serait le Rex Club. C’est l’endroit où j’ai le plus rêvé de jouer. Quand j’étais jeune et que je sortais là-bas, c’était au début des années 2000, il y avait moins d’opportunité à Paris, mais c’était déjà un club mythique. Je me souviens, j’allais voir des DJ et il m’arrivait de ne même pas écouter la musique ni danser. Au lieu de ça, j’étais là à m’imaginer ce que moi je jouerais si j’étais à leur place. Comme d’autres le Rex Club a traversé des moments difficiles, mais la vie n’est pas un long club tranquille (rires).

Romain : Un classique ! Bon et si tu étais une ville où faire la fête…

Timid Boy : Ça c’est dur parce qu’il y en a plein et je vais répondre la plus évidente : Berlin ! Plus pour ce que ça représentait au moment où je l’ai découvert. Maintenant je trouve que ça s’est un peu popularisé. Je ne crache pas dans la soupe mais j’ai probablement perdu un peu l’excitation pour cette destination dû à mes nombreux séjours dans cette ville. Mais ça reste un endroit fabuleux, j’ai d’ailleurs joué il y a peu de temps au Suicide Circus un mardi soir. Cette ville est sans pareil en Europe. L’heure de fermeture normale était 9h bien qu’on soit en pleine semaine ! Cette fois-ci on a même poussé jusqu’à 11H. Je n’ai jamais vu cela ailleurs. Il y a beaucoup d’exemples à prendre sur Berlin et ses habitants.

Romain : Ce sera la quatrième et dernière déjà, si tu étais un DJ ou un producteur…

Timid Boy : Ah oui… Bon je vais pas répondre moi, ça ferait prétentieux (rires). Ca me vient immédiatement en réalité car ce sont des choses qui ont comptés pour moi, je dirais Richie Hawtin. Même si aujourd’hui je ne suis pas exactement dans cette scène-là. Parmi les artistes qui m’ont fait aimer cette musique et donner envie de faire ce que je fais aujourd’hui, il y avait des artistes comme Plastic Man, Aphex Twin ou Jeff Mills. Mais Richie Hawtin, c’est différent. Il a une manière de mener sa carrière. Il est toujours excité comme un gamin, à la recherche du futur et en quête de nouvelles orientations. Cette phrase que je déteste : « oh c’était mieux avant » et bien avec lui c’est : « oh ça sera mieux demain ».

Damien Almira, alias Timid Boy, musicien et DJ français, photographié à Paris le 10 octobre 2018 par Mathieu Zazzo

Romain : Maintenant qu’on en sait un peu plus sur toi, tu peux nous parler de ton actualité ?

Timid Boy : Mon nouvel EP s’appelle « Nida », il est sorti le 11 octobre sur mon label « Time has changed » avec plein de remixeurs, des gens que j’apprécient comme Anek, Frink, Mike Spirit ou encore Guiseppe Martini & Greck B. Je voulais qu’ils apportent une autre dimension à ce titre. C’est un morceau que j’ai commencé à l’été 2018, j’ai samplé un chant lituanien que m’avait fait découvrir ma petite amie de l’époque et « Nida » c’est un clin d’œil pour mes potes. C’est le nom d’une presqu’île où nous sommes allés à l’occasion d’un festival cet été-là. A côté de ça, je bosse sur un nouveau maxi, toujours des sorties sur mon label, pas mal de soirées aussi dont la prochaine au Nouveau casino le 16/11/19.

Romain : On peut dire que ça bouge de ton coté ! Et sinon tu penses quoi de la scène electro et du monde de la nuit à Paris en ce moment ?

Timid Boy : Depuis le début des années 2010 ça été une courbe d’expansion sans fin. Il y en a pour tous les goûts, tous les âges, tous les portefeuilles. Warehouses, clubs, festivals, je ne vois pas ce qui manque à Paris actuellement. Parfois, j’ai l’impression que ça se referme un peu mais je n’en suis même pas persuadé. Je me dis qu’il y a un peu moins de clubs mais finalement quand un ferme, un autre ouvre. Il y a une belle scène actuellement, une touche française qu’on me fait remarquer à l’étranger un côté groovy, deep qui nous est propre. J’ai l’impression que l’electro est devenu comme le rock, un style avec plein de sous famille qui peuvent correspondre à toutes les envies.

Romain : Tu es souvent en voyage, comment tu vis cette solitude ?

Timid Boy : C’est vrai que c’est un métier hyper solitaire. On est entouré de plein de monde quand on joue mais t’es seul à jouer. Le seul moment que je n’aime pas, c’est quand je joue en dernier, et qu’après t’es seul dans ta chambre d’hôtel. Ce n’est pas possible ! Mais heureusement Dieu a créé l’After. J’ai besoin après un set d’avoir au moins 1h où je peux rester à boire un verre avec les organisateurs ou des personnes que je rencontre à l’occasion de ces soirées. J’aime ce train de vie, j’ai eu un travail plus conventionnel et je préfère la solitude à la fatigue, aux transports en commun et à la routine, sans dénigrer qui que ce soit.

Romain : Pour terminer cette interview, as-tu une anecdote à partager avec nous ?

Timid Boy : Alors même si elle n’est pas valorisante pour mon égo, c’est drôle. Je vais jouer en Angleterre et on va dîner avec les promoteurs de la soirée ou je m’étais produit. C’est une grande table, on était beaucoup. Je vais aux toilettes et quand je reviens, ils sont tous partis. Je n’y crois pas, je suis l’invité et ils partent sans moi. Heureusement je savais dans quel club les retrouver. Quand je les ai rejoints, ils n’avaient même pas réalisé mon absence. Un grand moment de solitude.

Romain : Tu as fait ton Timid Boy (rires)!

Retrouvez Timid Boy par là : Soundcloud & Facebook.

Et surtout, vous êtes attendu.e.s le 16 Novembre au Nouveau Casino !

CopyRight : Romain Darbon

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