Quand la techno s’empare de Montréal…

Petit aparté historique : c’est en Amérique du Nord dans les années 80 à Détroit, que naît la techno. Elle s’y vit, s’y ressent et se partage. Cependant, en vue des phénomènes socio-culturels notamment à Berlin avec la chute du mur, la techno se dirige très rapidement en Europe. Résultat : aucune possibilité pour les habitants du Grand Nord de se réchauffer autour d’une sonorité aussi chaleureuse et conviviale qu’une bonne poutine. C’est seulement 20 ans après que la techno y implante sa culture et ses valeurs. ENFIN TABERNAK!

Photo de l’intérieur du Stéréo à Montréal

Montréal au Stéréo 

Vivre la techno à Montréal, n’est pas de tout répit. Tout d’abord, il faut trouver l’événement. Chercher le 120 bpm se révèle comme une véritable chasse au trésor. Mais l’œuf d’or existe, on le surnomme le Stereo.

Mais qu’est-ce donc le Stéréo ? Il s’agit probablement du meilleur système son d’Amérique du Nord, mais surtout on y fait des afters incroyables. Situé au cœur du Village de Montréal, vous y croiserez tous les styles : une grande blonde virevoltante, un jeune rossignol se balançant de droite à gauche, un amoureux du Trésor ou un étudiant mauritanien…Tou.te.s avec une seule idée en tête, danser dans l’intemporalité inconditionnelle de la techno. On monte les marches, on pose son manteau, on passe les vigiles et la soirée commence, il est 3h.

Les sorties nocturnes au Canada nécessitent donc avant tout un passage au Stereo. Novateur, ce club fondé par le célèbre producteur/DJ Montréalais Angel Moraes, est considéré comme l’un des grands de l’histoire du clubbing moderne. De la musique house à la techno, il devient un lieu incontournable de la scène montréalaise. On y vient pour écouter des « DJ Stars » ayant déjà foulé le Berghain ou les plus grands clubs européens. Citons par exemple Dax JKobozil, Nicole MudaberAnsome ou encore Ben Klock. Certains de leurs résidents , Mike Laz, et Atroxx y proposent régulièrement des sets technos novateurs et percutants. Club classique, mais ambiance immersive, cet endroit est une valeur sûre pour les Canadiens !

Photographie par Steph Vaï, Schlomo, avril 2018, l’Entrepôt Dominion

Montréal en rave 

Aujourd’hui la culture techno retombe partout dans le monde à ses origines, plus libertaires et libres. Le public, avide de nouvelles expériences, fuit quelque peu les clubs, jugés trop classiques ou stéréotypés, pour retrouver des endroits laissés à l’abandon, sales, parfois même peu accueillants. À Montréal, c’est dans une zone industrielle et plus précisément les souterrains du Mile-wax – siège historique des chemins de fer – que se retrouve des centaines de jeunes afin de faire vibrer la techno toute la nuit. Véritables fêtes alternatives, on vient « raver » aux soirées de The Ants ou Homegrown ou rejoindre les célèbres afters de la Moonshine. Une expérience sensorielle et unique pour les amateur.rices de techno.

Photographie par Steph Vaï, Anetha, novembre 2018, l’Entrepôt Dominion

Gros plan sur un label : OCTOV

En 2015, un tournant s’opère dans les nuits technos montréalaises. Trois jeunes amoureux de la musique fondent OCTOV.

À l’image des soirées parisiennes “Possession”, ils créent un nouveau modèle de soirée dans des hangars, accueillant aujourd’hui jusqu’à 700 personnes. Pourtant novice dans le milieu, OCTOV fait rapidement sa place en tant que fête alternative.

Au départ, en petit comité (déjà près de 300 personnes), les soirées “Parenthèse” accueillaient des artistes émergeant(e)s européen.ne.s pour des sets de cinq à six heures. On y retrouvait AZF, Roberto Clementi, Birth of Frequency ou encore Anetha.. Des collaborations sont engagées avec des clubs français – Badaboum, Glazart, le Klub, l’Apero Vinyl – et leur place se fait reconnaître par les agences européennes de production et de distribution. Aujourd’hui, le collectif invite des artistes tel que Perc, Regal, ou encore I Hate Models et en ne cesse de soutenir les acteurs locaux avec Softcoresoft (Collectif MTL 24⁄24), Omar Hamdi (résident OCTOV) et bien d’autres.

Photographie de Steph Vaï, soirée d’Halloween, 31 Octobre 2019

La lutte continue… 

Limité par les nombreuses restrictions juridiques, les initiatives persistent. En juillet, le collectif MTL 24⁄24 lance une pétition pour le soutien de la vie nocturne de Montréal. Et des événements menés par des collectifs comme Kontrast au Salon Daomé, Exposé Noir, Or Room ou bien les Piknic Electronik, continuent à investir les nuits montréalaises.

Le monde techno est en perpétuellement renouvellement et ainsi, une réelle communication – et continuité s’opère(nt) entre les scènes françaises (et plus largement européennes) et le Canada.

Il n’y a d’ailleurs rien à envier à l’Europe, les festivals se développent avec notamment Illusion, Eclipse, Totem, où l’on retrouve des têtes d’affiches européennes mais aussi des artistes locaux.

À quand une virée canadienne ?

CopyRight : Marie Chazeau

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