Insolite : Ces lieux de fête qu’il nous tarde de retrouver…

Dans les années 80/90, à l’éveil de la culture techno, les raves party émergent partout dans le monde. Très vite, ces soirées investissent de nombreux lieux inhabituels tels que les parcs industriels, hangars inexploités ou encore usines laissées à l’abandon… C’est dans une atmosphère brute et singulière que les ravers viennent vibrer au rythme d’une scène techno d’ordinaire underground. 

 En France, les nombreux collectifs qui prônent la culture underground multiplient les soirées en warehouse. Dans la capitale et sa banlieue, ces fêtes secrètes sont très assidues et se dressent chaque weekend sur la liste des évènements les plus attendus ! Les organisateurs de ces soirées alternatives recherchent de plus en plus de lieux improbables, à la limite de la culture urbex, des spots moins visibles, plus insolites…

Les warehouses (en tant que bâtiments), appartiennent généralement à des entreprises privées ou aux communes, obtenir une autorisation est donc rare et très compliqué. Ces espaces sont, pour la plupart, occupées de manière illégale, ce qui entraine occasionnellement des répressions de la part des autorités. Bien que ces soirées soient surveillées, elles n’en sont pas moins prisées, elles attirent des centaines de fêtards prêts à lâcher prise dans une dimension plus intimiste et secrète, à l’image d’un squat réservé à la fête !

Outre l’aspect festif et libérateur des soirées en warehouses, elles sont très généralement organisées dans des lieux tenus secret jusqu’à la dernière minute, ces soirées ont pour habitude de s’installer dans un environnement inaccoutumé. Les collectifs ne reculent devant rien et nous font découvrir les vestiges du passé au travers de nombreuses soirées épiques… 

L’incontournable hangar :

Qui dit soirée « warehouse » dit « hangar » bien sûr ! Le traditionnel hangar ou entrepôt désaffecté, anciennement lieu de stockage, reste le lieu de prédilection pour les collectifs qui organisent chaque fin de semaines des soirées ne se finissant qu’au petit matin. Très régulièrement niché au milieu d’une zone industrielle, ce type de bâtiment apporte beaucoup d’espace et possède des hauteurs sous-plafond très élevées. 

Cependant, ces édifices ne se trouvent pas tous dans des endroits oubliés ou laissés à l’abandon, au contraire, certains lieux publics proposant salons ou expositions prennent aujourd’hui la voie de l’évènementiel. Ils permettent une grosse capacité d’accueil, en l’occurrence pour certains l’organisation de festivals, ils assurent un encadrement plus pointilleux et présentent des conditions sanitaires strictes.  L’aéroport du Bourget, par exemple, a déjà accueilli de nombreuses fois plusieurs milliers de ravers au cœur de ses grands hangars et d’une partie de ses pistes dans le cadre notamment du Weather Festival. Autre lieu phare ; les Docks de Paris, ils rassemblement des milliers de fêtards chaque année à l’occasion de la Dream Nation ou du Big Bang Festival ! 

Les vestiges d’une autre époque :

Un autre genre de bâtiment s’inscrit sur la liste d’or des collectifs adeptes des lieux insolites, les anciens vestiges de l’industrie ! Les anciennes usines ou encore les vieilles centrales électriques reprennent vie au travers des nombreuses soirées qui s’y déroulent. Côté esthétique, ces bâtisses correspondent exactement aux codes underground. 

Tout comme les hangars, ces anciens édifices possèdent de très haut plafonds la plupart du temps, mais se différencient d’une part, par leur architecture plus travaillée, notamment de la présence de grandes fenêtres à carreaux et de fondation en briques ou en pierres (contrairement à la taule pour les hangars). Certains clubs bénéficient de cet aménagement à commencer par le célèbre Berghain en Allemagne (ancienne centrale électrique) ou le Printworks à Londres (ancienne imprimerie).  

Du coté de Mulhouse (Alsace), se dresse une véritable figure de la warehouse, une ancienne usine de textile construite sur une surface de 10 000m2 par la société DMC. En octobre dernier c’est le collectif Bass Couture qui a posé ses valises dans l’impressionnante bâtisse pour une soirée techno et house. 

Des espaces plus rares :

Il existe d’autres types de lieux, plus étonnants cette fois, qui attirent l’attention de certains collectifs en quête de nouveauté. Dans le 16e arrondissement de Paris par exemple, est situé la piscine Molitor qui fut pendant des années, le repère des ravers. Aujourd’hui ce lieu a repris ses fonctions de piscine municipale, ne nous laissant que les souvenirs d’une génération. 

Mais pas de panique ! Paris et ses alentours regorgent d’endroits similaires… Sous le périphérique au nord-est de la capitale se cache un lieu atypique, le supermarché Mausolée. Grand de 40 000m2, cet espace laissé à l’abandon connait une forte notoriété auprès des artistes de street art ainsi qu’auprès de nombreux collectifs. Des soirées underground s’y déroulent régulièrement, parfois même jusqu’aux aurores !

Du côté de la banlieue parisienne, ce sont les anciennes carrières qui font l’objet de soirées clandestines à répétition entre ravers avertis, et ce, depuis tout temps. Considérées comme de véritables lieux de réappropriation culturelle par les amoureux de la rave, les carrières s’apparentent parfois aux grandes cathédrales en raison de leur importante hauteur sous-plafond.

A ce titre, d’anciennes églises désacralisées, comme celle de Gennevilliers, ont pu voir des centaines de fêtards s’introduire entre leurs murs, et non pas pour prier, mais bel et bien pour danser jusqu’au bout de la nuit… 

Ces soirées riches en découvertes et en exploration, permettent au public de découvrir de nouveaux lieux, d’accéder à davantage de liberté. Les collectifs amoureux des soirées en warehouses l’ont bien saisi, cette façon de faire la fête accueil un public large, ouvert, tolérant et bienveillant, ce qui contribue grandement à l’évolution des mœurs de la culture techno en France.

Les clubs n’ont bien se tenir !

Crédits photos:

mixmag.fr, onlytechno.net, hellopro.fr, electro.niooz.fr, parisaeroport.fr, avenement.paris.fr, mnt.no.com, beatalair.com, facebook.com, telerama.fr, leparisien.fr, urbex.me

@Damien Barthet 

Write a response

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Close
Shadow Odissey © Copyright 2019. All rights reserved.
Close